Soins du verrat et de la truie par M.Lebrun

Publié le par Thierry

Soins du verrat. — Il faut le faire vivre isolé, car il est redoutable aux cochons, qu'il mordrait ; à ses petits, qu'il dévorerait; à la truie même quand elle est pleine, parce qu'il la ferait avorter.
Quelques jours après qu'il aura habité avec la truie en chaleur, on le séparera d'elle. On doit le nourrir abondamment, mais non pas de manière à l'engraisser; il doit être tenu très-propre, vautré et baigné souvent.

Soins de la truie. — Lorsqu'on a une belle truie qui réunit les qualités nécessaires pour donner de beaux produits, il convient de la nourrir - abondamment, mais d'herbes, de racines, de céréales bien délayées dans l'eau, afin de ne la point engraisser, jusqu'au temps où l'on voudra lui faire voir le verrat. On mêlera quelquefois des herbes relâchantes à sa mangeaille, afin de calmer son tempérament : la pimprenelle, la poirée, la laitue surtout, rempliront très-bien cet objet; elle sera toujours assez en chaleur. Mais si par hasard son désir du mâle ne se rencontrait pas avec les calculs de l'éleveur pour faire naître les petits à telle ou telle époque, on l'exciterait en lui donnant quelques poignées d'avoine grillée.
Dès qu'elle est en chaleur, il faut l'isoler des autres cochons, parce que, comme je l'ai déjà dit, elle les tourmenterait et les fatiguerait. On doit aussi éviter qu'elle s'accouple avec un mâle d'espèce différente.
On renfermera seulement quelques jours la truie avec le verrat, et on les séparera ensuite; il n'est pas nécessaire de les remettre ensemble, car ordinairement elle conçoit de la première fois qu'elle a reçu le mâle. Aussitôt que la femelle est pleine, il faut graduellement augmenter sa nourriture, mais se garder de l'approvisionner de manière à l'engraisser, parce qu'elle périrait en cochonnant, ou manquerait de lait et écraserait les cochonneaux sous son poids; il faut néanmoins éviter de la nourrir avec le trèfle vert, les choux, les raves et autres plantes remplies d'air, parce que ces substances la gonfleraient .et la disposeraient à l'avortement. Il y a des truies qui avortent très-facilement; lorsqu'après plusieurs ventrées vous leur aurez reconnu cette disposition cons- tante, il faut sans délai, les faire couper et les mettre à l'engrais.

Publié dans Culture de la cuisine

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