Part de la truie par M.Lebrun

Publié le par Thierry

On reconnaît l'approche du part par le lait qui vient aux mamelles de la truie, si elle est en liberté, elle l'annonce elle-même en portant avec son groin des brins de paille pour se préparer une litière dans un coin de son étable. La nature indique aux femelles des animaux, de plier les genoux et de relever la croupe : lorsqu'elles se couchent, le part parait devoir être laborieux, et l'on est forcé d'aider le pauvre animal en travail ; mais, chez les multipares, ou animaux portant à la fois plusieurs petits, le part a toujours lieu quand la femelle est couchée; c'est ce qui arrive à la truie. Les cochonneaux viennent successivement selon l'ordre de leur position, et non selon leur degré de force, car souvent un petit faible naît avant un petit plus vigoureux, qui le pousse par ses efforts.
La truie produit communément dix à douze petits; cependant il en est beaucoup qui ont quinze, vingt petits; il y a même des exemples de portées de trente à trente-sept cochonneaux, mais ce cas est rare et n'est guère désirable : la truie est épuisée, la plupart des petits sont contrefaits, et le reste manque presque toujours de force et de vigueur. Nous reviendrons sur la fécondité des truies.
La truie jette un arrière-faix ou délivre après être accouchée de quatre, cinq ou six petits, suivant que la quantité qu'elle porte est plus ou I moins considérable. Les arrière-faix sont ordinairement au nombre de trois, et le dernier est plus volumineux que les deux autres. Il faut les lui ôter, quoique d'habiles vétérinaires assurent que le délivre ne peut, en aucune manière, incommoder la truie en travail : il faut l'empêcher de contracter la mauvaise habitude de le manger, parce que cela pourrait la conduire à manger aussi les petits. Après la sortie du dernier arrière-faix, donnez à la truie des rôties de pain grillé trempées dans du vin sucré; s'il fait chaud,ajoutez de l'eau au vin, ou remplacez les rôties par une boisson blanche, composée de lait, d'eau et de bonne farine de froment.
La sortie du délivre suit immédiatement pour l'ordinaire la naissance des cochonneaux. Il retarde cependant quelquefois; lorsque ce n'est que de peu de temps, ne vous en inquiétez pas et ne tourmentez pas la truie par vos efforts, donnez-lui seulement un peu de pain grillé trempé dans du cidre, de la bière, ou du vin. Mais si l'arrièrefaix n'était pas extrait au bout de douze heures' au plus tard, il est urgent d'appeler le médecin vétérinaire. Si le fœtus venait contre nature, il faudrait l'appeler également ; mais presque toujours la truie cochonne avec facilité. Quand par hasard les organes affaiblis de l'animal ne peuvent faire d'assez vigoureux efforts pour opérer plus promptement la délivrance, on lui donne d'heure en heure le seizième d'un litre de vin, ou une bonne eau blanche bien salée.

Publié dans Culture de la cuisine

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