Manière d'élever les cochons avant de les mettre à l'engrais par M.Lebrun

Publié le par Thierry

Les porcs vivent quinze à vingt ans, et leur accroissement dure quatre à cinq ans et au-delà ; mais jamais on ne les laisse parvenir, non-seulement au terme naturel de leur vie, mais encore à celui de leur accroissement (le verrat et la truie porchère exceptés); de dix mois à un an on le met à l'engrais, et six ou huit, ou au plus tard dix-huit mois après, il entre dans le saloir.
Jusqu'à l'époque de l'engrais il faut rationner le cochon, c'est-à-dire lui donner une nourriture modérée, plus délayante que substantielle, telle que fourrages verts, racines cuites ou crues; broyées dans le premier cas, et baignées d'eau ; coupées en tranches menues, dans le second cas.
Il est urgent de favoriser leur développement par 'la propreté, quoi qu'en disent la routine et la paresse, qui trouvent leur compte dans l'opinion contraire. Le porc a besoin d'être pansé à la main, surtout quand il est petit; car il a des poux, de la crasse, et cette crasse, cette vermine lui nuisent extrêmement. La malpropreté, l'humidité, réchauffement sont les principales, pour ne pas dire les seules causes des maladies de cet animal.
Les habitations des cochons doivent être doubles au moins de l'espace qu'ils occupent étant couchés; il faut qu'elles soient pavées, bien garnies de litière, et que le terrain aille un peu en pente pour l'écoulement des urines; il faut encore qu'elles soient abritées du froid en hiver, et surtout de l'humidité, pour éviter que les porcs ne prennent des douleurs. En été, elles seront ouvertes au nord; au milieu de l'étable on plantera des poteaux, afin qu'ils puissent se frotter après. Tous les animaux en ont besoin pour nettoyer leur pelage, se gratter, se débarrasser des insectes qui les rongent, ou en adoucir les piqûres; mais cela surtout est nécessaire au cochon, dont les soies sont si rudes, les mouvements si contraints, et dont la vermine est si multipliée.
Les étables dites toits à porcs, sont ce qui convient le mieux ; ces habitations ont une ou plusieurs portes formées d'une planche suspendue en cloche, que ces animaux ouvrent eux-mêmes en relevant le bas avec leur groin, pour aller déposer leur fumier dans une petite cour exposée au soleil, et attenante à leur étable, dont les murs sont percés d'autant de trous qu'il y a de porcs.
Leur auge en bois est en dehors auprès de la porte ; quand on veut leur donner à manger, on la pousse un peu vers l'entrée, on soulève la planche, et le porc, passant la tête sous la porte suspendue, prend son repas sans sortir, ce qui est important lorsqu'il est à l'engrais.
En hiver, il ne faut point faire sortir le porc par les grands froids, les pluies ou l'humidité ; en été, pendant les fortes chaleurs, il faut le mener paître soir et matin à la fraîcheur, le faire vautrer, baigner; enfin, en tout temps, le tenir proprement, et renouveler souvent sa litière.

Publié dans Culture de la cuisine

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