La Bosse chez le porc par M.Lebrun

Publié le par Thierry

On donne ce nom à un engorgement des glandes comprises entre les branches de la mâchoire postérieure du cochon, avec tension, chaleur et douleur. Cet animal est plus exposé qu'aucun autre à cette maladie ; il perd l'appétit, respire difficilement; son cou devient très-gras; il éprouve une chaleur considérable, s'agite, se couche, se lève, et quelquefois meurt le troisième ou quatrième jour.
Le froid subit qu'éprouve le porc après une course violente, après avoir été forcé de se mouiller dans l'eau vive et froide ; une disposition particulière à l'inflammation; des coups portés sur les glandes ; de l'eau trop froide prise en boisson, sont ordinairement les causes de cette dangereuse maladie ; une mauvaise nourriture, des breuvages impurs, un terrain marécageux la rendent épizootique.
Pour empêcher que l'animal ne suffoque, comme il arrive souvent par la vélocité et la quantité du sang qui se porte aux glandes, il faut le saigner une ou deux fois aux veines de la cuisse et aux veines superficielles du bas-ventre; exposer la partie souffrante à la vapeur du vinaigre et de l'eau-de-vie; nourrir le porc de son mouillé, et lui faire boire de l'eau blanche contenant du sel de nitre ; il convient aussi d'administrer quelques lavements émolients, d'appliquer sur les glandes tuméfiées des cataplasmes de levain, d'ognons de lis et de basilicum, de n'ouvrir l'abcès que lorsque les duretés et l'inflammation sont très-diminuées, et panser ensuite l'ulcère suivant la quantité du pus et l'état de la tumeur. Comme ce mal est souvent épizootique, quand on voit un cochon prendre le gros cou, il faut tout de suite l'isoler, lui donner pour seule nourriture un peu de son mouillé avec un peu de sel de nitre, et pour boisson un demi-litre de décoction de baies de genièvre; lui parfumer le cou avec le mélange décrit précédemment, et l'envelopper d'une peau de mouton, la laine en dedans. Il est urgent de parfumer l'étable avec des baies de genièvre macérées dans le vinaigre, d'empêcher toute communication du porc malade avec les porcs sains, et de passer un séton au poitrail de tous ceux qui sont soupçonnés d'avoir communiqué avec le malade.

Publié dans Culture de la cuisine

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