Choix du verrat et de la truie par M.Lebrun

Publié le par Thierry

Choix du verrat. — Le premier soin du cultivateur doit être de bien choisir le verrat et les truies destinés à fonder et à perpétuer le troupeau. Le verrat étalon doit avoir les yeux petits et ardents, la tête grosse, le cou grand et gros, les jambes courtes et grosses, le corps long, le dos droit et large, la langue bien saine, les soies fortes, épaisses, blanches à leur racine. Il peut, comme je l'ai déjà dit, suffire à vingt truies; mais il vaut mieux ne lui en donner que seize, afin que les petits soient plus nombreux, plus forts et mieux constitués. Il entre en chaleur dès l'âge de six mois, mais il ne faut pas lui faire saillir la truie à cette époque; il n'est pas encore assez formé. Quelques personnes prétendent qu'il faut attendre jusqu'à ce que le verrat ait atteint dix-huit mois; cette opinion est une erreur ; le verrat deviendrait furieux si l'on tardait autant à le mettre avec la femelle : et, comme je l'ai déjà dit, à cet âge il devient méchant et commence à se montrer dangereux. A huit ou dix mois un verrat bien conformé est de bon service, et on peut lui confier la truie jusqu'à peu près l'âge de dix-huit, époque à laquelle on le châtre et on le met à l'engrais.
M. Thiébaut de Berneaud veut qu'on fasse servir le verrat depuis un an jusqu'à six.

Choix de la truie cochonnière ou porchère. — Par la même raison qu'on n'engraisse le porc qu'à l'âge de neuf ou dix mois, parce qu'il grandit avant ce temps, il faut attendre que la truie ait pris toute sa croissance avant de la faire produire. Aussi est-il convenable d'attendre plus encore, afin qu'elle soit bien forte et en état de produire des petits bien conformés : pour cela on ne la fait saillir qu'à quatorze mois, quoiqu'elle soit longtemps avant en chaleur : nous donnerons plus tard le moyen de la calmer. Une truie peut produire jusqu'à huit ans; quand elle est belle, féconde, que ses petits sont vigoureux, on fera bien de la conserver pendant cet intervalle ; on lui refusera ensuite le mâle, on la fera couper, et on l'engraissera; plusieurs cultivateurs la mettent à l'engrais à six ans.
La truie doit, comme le verrat, avoir les jambes grosses et courtes, les ongles bien fendus, la tête grosse, le corps allongé, les reins et les épaules larges; ses oreilles doivent être relevées, ses soies douces et brillantes, fines et formant un épi sur les épaules et sur les reins ; son ventre doit être très-ample; il est essentiel de la choisir d'une race saine et féconde, et de la grande espèce, dont les mamelles sont longues et nombreuses. Les truies de cette espèce ont seize mamelles, tandis que celles de l'espèce plus petite en ont dix ou douze seulement ; il n'est pourtant point indispensable que le nombre des mamelles soit de seize, car il est plus avantageux que la truie ne nourrisse que huit à neuf petits, afin qu'ils soient plus forts et plus gros. Il est important que la truie porchère soit d'un naturel tranquille et doux, parce que, méchante et vorace, elle pourrait devenir intraitable pendant la gestation, et dévorer les cochonnets immédiatement après le part.

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